Ce qui suit est un nouvel épisode de « Laurent contre la société de consommation ».

Le 30 octobre dernier j'ai passé une journée de mes vacances à faire des courses à l'Ikea local, ouvert récemment. Lors du retrait des paquets je constate qu'aussi magique que soit l'emballage Ikea, ils n'en sont pas encore à plier des planches en 4, et donc non, ça ne rentrera pas dans ma petite voiture. Il faut envisager une solution de repli.

Location de camionette ? Pas trop envie; je n'ai pas d'ami sous la main pour m'aider dans la montée des 3 étages sans ascenseur pour arriver à mon appartement. Livraison le soir même ? À 59€ c'est cher pour se faire déposer les paquets en bas de chez soi. Il reste la livraison standard, jusque dans mon appartement, pour 89€. Avec un délai minimal de 15 jours.

Du coup je continue mes achats pour rentabiliser le coût de la livraison. Je paie mes achats, je paie la livraison, et je rentre chez moi.

Le prix des achats a été débité—tout de suite. La livraison, débitée de suite.

Environ 15 jours plus tard, je reçois un coup de fil, on me propose des jours qui ne conviennent pas et on aboutit donc à la date d'aujourd'hui, entre midi et 15h. Ça m'a fait un peu mal d'avoir payé aussi cher pour la livraison, mais en y réfléchissant un peu j'étais content : à ce tarif là j'avais sans doute engagé des surhommes de la livraison, une espèce rare de créatures plus proches du ninja que de l'homo sapiens qui allaient monter les escaliers par 4 marches, sans un bruit, et qui laisseraient les paquets entreposés dans mon entrée, alignés au millimètre, en moins de temps qu'il n'en faut pour le taper.

Et puis 15 jours de délai minimum, c'est un gage de sérieux. Moi aussi si je devais planifier le sauvetage de passagers dans un avion aux mains de terroristes, j'aimerais me laisser un peu de temps pour réfléchir. Et se garer dans Grenoble, c'est pas loin comme difficulté hein.

C'est donc avec une certaine surprise mêlée d'une appréhension justifiée que j'ai entendu le livreur me demander par téléphone depuis le bas de mon immeuble, après les salutations d'usage, où il pouvait se garer.

Bref. Les livreurs sont repartis car « c'est impossible de se garer » (désolé les potes, c'est votre boulot), je n'ai toujours pas mes meubles après bientôt un mois et charge à moi de me faire rembourser (de « voir avec Ikea » comme me l'a indiqué le chef de mes champions livreurs).