Je suis depuis lundi soir en repos forcé pour la semaine pour cause de grippe. J'en profite pour visionner quelques merveilles en DVD que j'ai achetées ou qu'on m'a prêtées.

J'ai commencé par Profondeur dont les deux héros sont un couple de pêcheur de serpents aquatiques dont ils revendent le venin. Ça se passe sur une île exotique. La fille (Andi) fait juste un tout petit peu pute, et il n'est pas difficile de comprendre dès le début qu'elle va se faire violer par les deux aides plongeurs de son copain, dont l'un a la carrure d'un certain gouverneur de Californie. La « profondeur » du titre ne se retrouve ni dans les plongées, ni dans le scénario. De façon classique pour le genre, on retrouve des acteurs mauvais qui surjouent, quelques scènes érotiques pour montrer du nichon, et une prévisibilité à 20mn qui frôle les 100%. Presque trop mauvais pour être qualifié de nanar.

Ma deuxième trouvaille de la semaine, c'est Death Match, un film dont l'intrigue tourne autour des combats à mort clandestin (avec un héros qui fait du kick-boxing). Comme souvent, les combats sont surréels (chaque coup porté dans le film est potentiellement mortel ou sévèrement handicapant avec un peu de réalisme), on en voit finalement assez peu et les personnages sont des caricatures d'eux-mêmes. J'ai un faible pour le genre baston/mauvais, donc je suis satisfait de ce nanar. Comme d'habitude, quelques scènes érotiques pour montrer de la fesse et du nichon.

On change (à peine) de style avec Legion, qui nous place une trentaine d'années dans un futur apocalyptique, la Terre est en guerre et les militaires mènent la danse. Ils sont prêts à tout, y compris à envoyer un groupe de condamnés à mort sur une planète obscure pour reprendre le contrôle d'une base ennemie. Au final, pour un nanar le film n'est pas trop mauvais. Certes, le côté martial et respect de la hiérarchie militaire m'exaspère toujours autant (c'est chiant quand c'est réaliste, intolérable quand c'est exagéré, et ça l'est toujours). Un bonus pour le dialogue sorti du contexte (« Tu aurais pu me dire pour les plaques d'identification » qui consterne son interlocuteur autant que moi, c'est rassurant) et les petites incongruités (pas de chance, le plan de la base était collé au mur dans l'autre sens sur les plans larges). Au montage, quelqu'un avait pris des substances rigolottes. J'oubliais le grand prix du jury pour la répétition (3 ou 4 fois) de la même scène de vaisseau spatial visiblement ray-tracée et qui fait amateur même pour l'époque.

Bullethead est probablement celui de cette série de nanars qui s'en sort le mieux. Ce n'est pas trop mal joué (malgré quelques seconds rôles du type homme-de-main qui sont dans la caricature du beauf) et on comprend bien que, comme indiqué sur la pochette, le réalisteur est un Tarantino-wanabe. Sauf que c'est dur d'être Tarantino, et le spectateur est impitoyable pour les copies fadasses. En clair, il essaie trop de faire du Tarantino. J'ai oublié de parler de l'histoire : après une mise en situation assez longue qui prend la moitié du film, le héros se prend une balle dans la tête, n'en meure pas, et revient tuer tout le monde. Ça devient hélas grotesque sur la toute fin, quand on tombe dans une boucherie plus Romero que Tarantino. Mélange des genres de mauvais goût.

C'est rare que je m'imagine massacrer tous les acteurs d'un film à coups de pelle. Bon OK, à la réflexion, ça m'arrive assez souvent. Mais pour ceux de Donjons et Dragons j'aurais d'abord trempé la pelle dans du cyanure. Si dans une école d'acteurs un prof a un jour besoin d'illustrer à ses élèves le problème qu'il y a à surjouer, il lui suffira de leur indiquer ce film. Tout le monde surjoue, c'en est grotesque. Déjà que parmi les acteurs on retrouve Marlon Wayans qui surjoue pour 5 (il est dans Scary Movie, je pense que ce type ne sait rien faire d'autre que surjouer), on aurait apprécié plus de subtilité de la part des autres. Je soupçonne que le réalisateur s'est dit quelque chose du genre « D&D c'est pour des boulets de geeks, pas besoin d'être subtil », mais c'est juste mon côté théoricien du complot qui ressort. En résumé, D&D c'est pas un film simplement raté, c'est prendre une idée qui avait du potentiel et la ridiculiser pour le futur proche cinématographique. Bien joué.

Le dernier que j'ai vu pour le moment (il m'en reste), c'est 9 1/2 Ninjas. S'il y a un film qui me fait désespérer de la civilisation humaine, c'est bien celui-ci. Il se veut un remake ninja humoristique de 9 semaines et demi. Sauf qu'en fait d'humoristique, on a droit à une succession de blagues pas drôles. Vous savez quand quelqu'un raconte une blague et qu'à la fin tout le monde hésite entre rigoler par politesse et filer une claque au mec qui raconte ? Ce genre de blague, pendant tout le film. C'est même écrit sur la pochette du DVD :

Le réalisateur accumule les gags incroyables, les situations burlesques, les plaisanteries de mauvais goût avec une bonne humeur communicative.

Je suppose que la personne qui a écrit la pochette gagne un bon point pour son honnêteté, mais il manque malgré tout la « bonne humeur communicative ». Ce film rentre en première place du top des films qu'il n'aurait jamais fallu faire. 90 minutes de visionnage halluciné pour voir jusqu'où il sera possible d'aller dans le mauvais goût. Hé bien c'est un feu d'artifice sur la fin (je pense que tout le monde avait abandonné la prétention de faire quelque chose de correct), avec la culmination dans la dernière scène des bonus pendant le générique : un supporter dans une tribune, qui rote.