À la recherche d'éléments décisifs concernant la légalité de l'appel au boycott en France — je n'ai trouvé que des rumeurs propagées d'un forum à l'autre, en passant par des blogs, rien de convaincant — je suis tombé sur la loi de la liberté de la presse du 29 juillet 1881 consolidée au 31 décembre 2004. Et j'ai été franchement déçu. Le nombre d'exceptions à la liberté d'expression est vraiment plus grand qu'on ne le croit. Je sais bien que Big Brother est parmi nous, tout ça, mais là...

Je savais par exemple qu'il est interdit de dire «le président de la République française est un gros enculé». Même si cette limite à la liberté d'expression est déjà scandaleuse, on peut la justifier en se disant que par là on insulte potentiellement toutes les personnes qu'il représente — même celles qui n'ont pas voté pour lui — et que c'est punissable de dire du mal de tout un pays. Mais cette protection va au delà de la simple fonction et touche l'homme lui même qui accède ainsi légalement à un statut de vache sacrée. Il est donc aussi interdit de dire «Jacques C., de Paris, est un gros enculé». J'espère que cette petite leçon de droit vous aura plu.