On est mercredi, l'été est là avec son lot d'emmerdes pour ceux qui comme moi sont depuis peu allergiques à des bidules qui trainent dans l'air et on appelle ça vulgairement rhume des foins faute de mieux, bref on pourrait se dire que je suis comme tout un chacun plus enclin à des occupations plus guillerettes qu'à mon habitude.

Il n'en est rien. Ma mauvaise humeur résiste bien à cette journée de beau soleil, même s'il faut parfois un peu l'aider. Heureusement, ma mauvaise humeur a des alliés qui ne le savent pas eux-mêmes, et c'est de ceci que je voulais parler dans ce post de haute voltige.

Il fait chaud. Vous buvez. Fatalement, vous irez pisser, si possible aux toilettes ou dans un buisson, ou sous vous si vous n'avez pas de chance. Sortant des toilettes, deux choix s'offrent à vous (en général, et j'y reviendrai) :

  • vous laver les mains
  • ou ne pas vous laver les mains

Je vois d'ici les partisans de la logique constructiviste froncer les sourcils devant cette application honteuse du tiers exclus, mais lâchez moi la grappe cinq minutes les gars. Ce choix est plus complexe qu'il n'y parait. Les implications sociales, professionnelles et hygiéniques qui découlent de ce choix sont multiples. Premièrement l'intérêt hygiénique de se laver les mains. Pourquoi ? Des arguments d'une logique imparable disent que dans la confrontation main/sexe, c'est la main qui salit le sexe en le tenant pour pisser droit et non l'inverse; car dans une journée normale depuis la dernière douche prise il est raisonnable de supposer que les mains auront eu plus l'occasion de se salir que la bite.

Malgré cette argumentation à laquelle je ne trouve rien à redire, le poids des conventions sociales et notre risible héritage judéo-chrétien nous poussent à nous laver les mains, et non pas la bite, en sortant des toilettes. En effet, bite donc sale. L'argumentation judéo-chrétienne était peut-être un peu rapide, je vous la refais : bite donc sale. Encore une fois : la main s'est sali en touchant la bite. Compris ? On peut déjà ici se demander si les conventions ne sont pas pour parti dictées par un complot des fabriquants de savon pour WC, mais nous reviendrons sur le cas de ces fumiers par la suite.

Supposons donc que par le poids des conventions (haha, un collègue vous regarde lorsque vous sortez des toilettes, et il attend avec impatience de voir si vous allez vous laver les mains — et vous avez intérêt à le faire, sinon il vous jugera comme un gros porc, et pourquoi ne le ferait-il pas, les conventions sont de son côté) ou tout simplement parce que vous vous êtes pissé sur les mains (rare mais lorsqu'on est ensommeillé on peut assister à des pertes de précisions spectaculaires) vous décidez de vous laver les mains. Ou bien pour une autre raison (il fait chaud, c'est rafraichissant, peu importe). Et là, stupeur, le distributeur de savon ne marche pas. Je vous avais bien dit que les fabriquants de ces distributeurs sont des fumiers, probablement associés à la confrérie des sèches-mains qui pulsent de l'air froid et qui s'arrêtent tous les cinq secondes.

Tout ça pour quoi ? Pour dire que depuis que je suis ici, je ne me souviens pas d'une période prolongée de, disons, une semaine, pendant laquelle ce foutu merdier de distributeur de savon de merde aurait fonctionné en continu. Et voilà ma mauvaise humeur satisfaite, prête à me gâcher le reste de la journée. Il s'en est fallu de peu. Je sais, c'est pas une information fondamentale, mais un blog ça sert aussi à ça.