Note: dans un soucis d'épargner les sensibilités de certains de mes lecteurs qui aiment à me rappeler à mes idéaux anti-publicitaires de la stricte observance (je les salue au passage), aucune marque ne sera mentionnée dans cette entrée. Mais par pure joie perverse on va quand même jouer aux devinettes.

Je me suis donc mis dans l'idée d'avoir un environnement de travail « de bureau » dans mon appart, et non pas toujours travailler sur mon ordinateur portable. Le but est d'améliorer mon petit confort. Première étape, le choix d'un écran (plat, parce que je n'aime pas la place que prennent les autres). Je vous passe les détails de l'épluchage des caractéristiques techniques des écrans et la prise de conseil en ligne auprès d'amis qui ont plus l'habitude que moi d'acheter du matériel. Cela m'a occupé la soirée d'hier, et si la chose n'est pas encore achetée je suis confiant de trouver le modèle que j'ai choisi dans de brefs délais.

Le deuxième ingrédient nécessaire à une installation de bureau confortable, c'est un clavier. Je ne suis pas trop exigeant, outre une connectique USB je demande juste une disposition des touches moins dramatiquement mauvaise que l'azerty et que j'utilise à temps plein: le qwerty. Et là, c'est le drame. Disons que c'est suffisamment chiant à trouver et cher qu'après un peu de recherche je me suis dit que quitte à me faire chier à commander en ligne autant prendre un modèle sympa.

Là je vous dirais pas de quel modèle il s'agit, mais disons que si je vous disais la marque vous penseriez plutôt à une protection contre le vol pour les ordinateurs portables (du genre qui arrête votre petite soeur). Joie, le modèle est disponible chez le seul marchand US chez qui j'ai déjà commandé avec succès, je veux parler de celui dont le nom m'évoquait il y a encore quelques années des images appétissantes de jeunes filles belles et sauvages montant à crû sur de nobles destriers. Hélas, le commerce a pris ses droits: maintenant ça m'évoque une possibilité parmi d'autres de commander bouquins et DVDs. Frétillant d'émotion, je mène ma commande jusqu'au moment tant attendu du paiement et de la livraison pour que l'on m'apprenne qu'en fait non, pas de chance, le fournisseur ne livre pas cela en dehors des US. Sans doute un problème de restriction sur les exportations de matériel militaire (c'est dangereux un clavier). Mais pas de panique: il me suffit de retirer de ma commande les éléments qui posent problème et je pourrais finaliser mon achat (évidemment, je n'avais que ce produit dans mon "caddy").

Le reste de la soirée n'a été qu'une interminable source de frustration intense: tous les revendeurs pris au hasard dans la masse des fournisseurs potentiels ne livraient pas en France (l'information cruciale n'est dispo qu'à un stade plus ou moins avancé du processus d'achat). Jusqu'à ce matin, où le miracle s'est accompli (une bonne demi-heure de rédaction de thèse de perdue): j'ai trouvé un fournisseur qui livre en France.

Sauf qu'un miracle ne vient jamais seul. Pour optimiser mes chances de succès, je menais les tentatives d'achat en parallèle (j'ai dû laisser une belle quantité de "caddy" inachevés qui vont pourrir dans des bases SQL glauques outre-atlantique). Le premier marchand livrant en France m'a redirigé vers un autre site pour le paiement (« Ici on se salit pas les mains. Pour parler argent va voir Tonton Tony »), lequel a voulu connaître moulte informations bancaires, y compris le numéro de téléphone de ma banque. Numéro prétendument présent sur ma carte. Le numéro «Va donc te faire enculer connard» n'a pas été accepté et j'ai laissé la procédure en plan.

Arrive dans la foulée le deuxième marchant livrant en France, et là, bonheur, la procédure se complète correctement, paiement compris. Vous avez deviné, j'ai reçu par mail en parallèle la confirmation de commande chez le premier vendeur.

Je vais donc recevoir, dans un futur plus ou moins proche estimé à deux semaines, zéro, un ou deux claviers USB qwerty identiques. Et je vais bien entendu voir mon compte se faire débiter de zéro, une ou deux fois le prix du dit clavier (plus frais de port, qui coûtent aussi cher). J'ai aussi disséminé dans la foulée les données de ma carte de paiement. Quelque part, je suis content de n'avoir pas tenté la même manip' sur quelque chose de l'envergure d'un écran plat.