J'ai dû terminer à pied mon trajet en tram vers la gare jeudi après-midi à cause d'une manifestation d'étudiants sage-femmes qui bloquaient la voie. Quelques courses plus tard, je retrouve ces étudiants sur la place de la gare. Ils sont facile à reconnaître avec leur blouse blanche. J'ai un peu mal esquivé le flot, ou alors je me suis fait piéger par une étudiante mignonne qui m'aborde, me donne un prospectus jaune en m'expliquant que sur 5 années d'études, 3 seulement sont reconnues par l'État. J'essaie d'envisager les conséquences de ce qu'elle me dit : si tout le monde sait que pour être sage-femme il faut 5 ans d'études, quelle importance si le diplôme n'en couvre que 3 ? Tout le monde saura que "sage-femme = 5 ans d'étude" et basta. Au passage, mes deux premières années d'études post-bac n'ont été sanctionnées par aucun diplôme, et je pourrais bien faire ma thèse en dix ans que le nombre d'années passées dessus ne me donnerait pas le moindre bonus sur le diplôme. Il doit me manquer des informations pour comprendre la situation. J'ai donc fait de mon mieux pour lui répondre « C'est moche » avec un air de profonde compassion presque sincère. J'ai failli demander « Et si vous récupérez de la reconnaissance, envoyez-en un peu par chez nous on apprécierait aussi », mais avant que j'ai le temps de dire une connerie elle me file une capote. J'ai l'impression que c'est une règle : les étudiants dans le domaine de la santé se trimballent jour et nuit avec un paquet de capotes gratos à filer au premier venu. Ou alors c'est sélectif (celui-là, je préfère qu'il ne se reproduise pas, elle a dû se dire).

Ce n'est qu'une fois dans le train pour Strasbourg que j'ai été frappé par l'absurdité de la chose. Des étudiants sage-femmes qui filent des capotes, c'est un peu contre-productif, non ? Si j'étais dentiste je filerais des bonbons aux passants, pas du dentifrice.