J'ai fini de lire Idéologie et pouvoir de Noam Chomsky. Encore une de mes lectures qui a le don de donner la pêche, puisque ça explique comment les États-Unis d'Amérique agissent comme un état colonial dans le monde entier ou presque qu'ils considèrent comme une vaste ressource naturelle à leur disposition. La défense de la démocratie mise en avant, il s'agit en fait de promouvoir le "droit de piller et d'exploiter" avec l'aide de l'élite locale.

La technique est simple et élégante comme un ours qui se gratte le cul contre un arbre:

  • lorsqu'un état est jugé trop arrogant, par exemple parce qu'il commence à redistribuer les produits des richesses nationales à l'ensemble de la population et pas seulement aux riches comme le bon sens le voudrait, on envoit les marines. Simple et efficace. À défaut on forme une armée sur place pour faire le sale boulot (qui consiste à tuer les pauvres, en gros).
  • Quand c'est suffisamment le bordel, on crie au scandale et on organise un coup d'état qui mettra en place un gouvernement corrompu (dirigé par les gens qui tuaient les pauvres, car ce sont eux les véritables démocrates) qui avec les élites locales aidera à détourner les richesses du pays vers les entreprises américaines. Le bonus: que le pays soit suffisamment dans la merde pour en appeler à l'aide de l'U.R.S.S (le livre date un peu). On peut alors crier au communisme, ça fait tout de suite plus sérieux.
  • On salue alors la restauration de la «démocratie» dans le pays en question.

Non, je ne suis pas en train de devenir dangereusement anti-américain; même si le bouquin parle essentiellement du "travail" des É.-U. en amérique du sud, il est rappelé que d'autres puissances ne se sont pas comportées différemment par le passé (ou continuent à le faire). Ce qui est rigolo c'est que le bouquin parlent d'exemples concrets, dates et faits à l'appui. J'apprécie beaucoup la façon dont les médias sont auto-aveuglés sur ces affaires et suivent automatiquement la ligne des gouvernements concernant la notion de "démocratie" : un régime où les envestissements capitalistes étrangers sont accueillis avec les égards qui leur sont dus.

Dans un autre genre, j'étais hier à la soirée Michel Gondry au Caméo. Projection de clips qu'il a réalisés (je suis pas super fan de Björk, mais bon), par exemple des clips des White Stripes, de Daft Punk ou encore Foo Fighters (celui là n'a pas été montré). La soirée avait commencé par un concert d'Ignatus qui chante en français des chansons en s'auto accompagnant à la guitare, en tapant sur des têtes de poupées reliées à un ordi ou sur sa veste (pareil, des capteurs).

Et pour finir la soirée, diffusion d'Eternel Sunshine of the Spotless Mind en avant-première. Le film m'a plutôt plu; en tout cas on peut lui reconnaitre comme qualité assez impressionante d'être le premier film dans lequel joue Jim Carrey que je n'ai pas trouvé à vomir (d'ordinaire l'humour et le jeu de M. Carrey sont un peu trop... puissants pour moi). Pareil pour Kate Winslet dont la participation à Titanic lui avait valu une place d'honneur dans mon panthéon des acteurs à éviter. Quand à Elijah Wood, il y est moins ridicule que dans probablement tous ses autres films. Heureusement qu'il y a Kirsten Dunst pour contrebalancer le tout. Le scénario tourne autour d'une histoire d'amour qui a mal terminé après que la fille a décidé de se faire intégralement effacer tout souvenir de son ami. Amusant donc.